Mal À Mon Corps

 

J'ai décidé de subir une augmentation des seins en mars 1979 en me faisant implanter des prothèses mammaires au gel de silicone afin de corriger une ptose mammaire importante.

Les complications ont commencé quelques jours plus tard. Si bien que onze jours après la première opération je retournais sur la table d'opération pour un hématome au sein gauche où l'on a dû enlever des caillots noirâtres après avoir extirper la prothèse, désinfecter et la replacer, tout cela sous anesthésie.

En juillet 1981, une capsulotomie fermée a été pratiquée sur les deux seins ainsi que la correction des cicatrices mal guéries, sous anesthésie.

Les problèmes de santé ont commencé très tôt après l'implantation des prothèses. Insomnie, douleurs musculaires, fatigue, mauvaise digestion et autres.

Et voilà que je me promène de chiropraticien en acupuncteur dont les traitements ne me soulagent pas longtemps. Le système immunitaire déficient, je développe donc des allergies, des sinusites et tout ce qui se termine en ite. Bronchite, laryngite, bursite, tendinite, capsulite.

Beaucoup de symptômes désagréables et douloureux sont apparus au cours des années. Si bien que je me demandais: "qu'est-ce que j'avais pour avoir mal à mon corps tout le temps". Je prends donc rendez-vous avec un rhumatologue et voilà que j'apprends que je souffre, entre autre, d'arthrose et que les anti-imflammatoire sont prescrit à tous les jours. J'ai laissé tomber le chiropraticien.

En juillet 1997, j'ai décidé de prendre ma retraite. J'étais secrétaire bilingue au gouvernement et le mal s'est aggravé à un point tel que je ne pouvais plus me pencher pour prendre ou classer les dossiers dans les filières. J'avais de la difficulté à taper à l'ordinateur, j'étais moins rapide et moins efficace. J'avais mal aux doigts, aux mains, aux genoux, aux hanches et à la région lombaire. Je prenais l'escalier pour descendre mais l'ascenseur pour monter à l'étage tant je souffrais le martyr.

Le 3 septembre 1997, j'ai été opérée pour l'exérèse des implants mammaires au gel de silicone et un redrapage des seins, sans prothèse cette fois, cela dix-huit ans après l'implantation. Prothèse rupturée et suintement de l'autre.

Ma qualité de vie aujourd'hui n'est pas aussi bonne que j'espérais qu'elle soit. Certains jours je peux vaquer à mes occupations rapidement, d'autres jours je ne peux rien faire.

Souvent je suis souffrante parce que je n'ai pas bien dormi à cause de la douleur dans ma hanche gauche et de ma jambe au complet qui m'ont fait mal une partie de la nuit. Faire le tourniquet dans le lit la nuit n'est pas très reposant et ce depuis de nombreuses années. J'ai donc les yeux cernés et bouffis, le maquillage camoufle les défauts. Je suis limitée dans mes déplacements.

La revue ACEF Centre, à laquelle je suis abonnée depuis de nombreuses années, a fait paraître à plusieurs occasions des renseignements pour les porteuses de prothèses mammaires au gel de silicone. Il y a eu un encart dans cette revue qui a attiré mon attention, c'était un groupe de soutien nommé "Info Implants Mammaires dont Madame Micheline Lambert de Lévis est la présidente. Elle se démène depuis des années pour renseigner les dames qui ont des problèmes de santé suite à l'implantation de prothèses mammaires au gel de silicone. J'ai compris à quel point j'étais malade lorsque j'ai pris plus d'information sur les prothèses mammaires au gel de silicone, car ce sujet était tabou pour moi et je ne parlais pas de mes doutes à personne.

Ces implants m'ont rendu malade et incapable de poursuivre le travail que j'aimais. Mon corps me fait toujours mal. Je ne sais pas quand je pourrai dire "Je suis bien".

Lou-BH.Tem

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