Ministère de la Santé
1075 Chemin Ste-Foy, 15ième Étage
Québec (Québec)
G1S 2M1
À l'attention du Ministre Jean Rochon
Cher Monsieur le Ministre :
Permettez-moi de me présenter, je suis une ex-porteuse d'implants Dow Corning Peut-être avez-vous peur de ce mot ? Peut-être n'osez-vous pas poursuivre la lecture de ma lettre que j'écris de peine et de misère ? J'aurai au moins la satisfaction de vous écrire ce que je ressens.
Dites-moi Monsieur le Ministre pourquoi vos médecins paniquent-ils en entendant le mot "prothèse ? Le 17 mars au matin, j'ai parlé directement au Dr Yvan Charbonneau de St-Hyacinthe lequel j'avais consulté au printemps 1995 pour une prothèse rupturrée.
Il n'a pas voulu m'opérer par crainte de causer plus de dégâts. Par contre, il a empiré les choses en faisant éclater mes prothèses. Dites-moi Monsieur le Ministre pourquoi a-t-il refusé de me remettre mon dossier? J'ai été référé à des rhumatologues. Dites-moi Monsieur le Ministre pourquoi m'a-t-on carrément revirée sans aucun examen ?
Monsieur le Ministre, je n'ai plus l'innocence de cet enfant à qui l'on peut faire croire n'importe quoi. J'ai 47 ans et je sais très bien où j'ai mal et pourquoi. J'étais secrétaire et depuis 2 ans je n'ai aucun revenu et mon ami est en chômage. Je sais bien que je ne suis plus capable de travailler à cause de tous mes problèmes de santé. Dites-moi Monsieur le Ministre quelle qualité de vie future ai-je ? Dites-moi Monsieur le Ministre, si on ne peut compter sur l'aide de vos médecins, pouvons-nous au moins compter sur vous ?
Vous savez Monsieur le Ministre, je n'ai rien contre les personnes qui font énormément d'argent mais ce qui à trait aux personnes que l'on fait en hypothéquant ce qu'il y a de plus précieux chez l'être humain, LA SANTÉ, ça c'est une autre chose.
Je dois m'arrêter ici en gardant espoir que vous ayez le temps et la gentillesse de me lire. Bien à vous
Je souffre, Granby
Ministère de la Santé
1075 Chemin Ste-Foy, 15ième Étage
Québec (Québec)
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À l'attention du Ministre Jean Rochon
Monsieur le Ministre,
Je tiens à vous remercier pour l'intérêt que vous avez apporté à ma lettre du 18 mars dernier en y donnant suite.
Faute de revenus pour les médicaments, je ne consulte qu'en cas extrême. J'ai fait une dernière tentative afin de trouver un médecin qui puisse m'aider. En voici les résultats ; le 17 avril dernier j'ai consulté le Dr Rock Dubé à la clinique St- Antoine de Granby. Depuis quelques mois, j'avais une masse grosse comme un uf derrière le genou gauche. Pour lui c'était normal. Il a même dit qu'il avait vu une patiente durant la journée qui en avait dans le cou et c'était parce qu'elle engraissait. Il n'y avait rien à faire même si ma jambe me faisait très mal.
Maintenant cette masse a beaucoup diminué. Je voudrais bien savoir où cette cochonnerie est rendue dans mon système?
Un article de la presse du 16 février 97 mentionne que des chercheurs de l'Université de Louisiane à Tulgne et du Centre de Rhumatologie d`Arizona ont réalisé des essaies cliniques montrant qu'il existe un lien entre les implants et des maladies auto- immunes.
En mon nom ainsi qu'au nom de milliers de femmes qui ont été bernées par l'achat d'un produit aussi destructeur, je vous remercie pour vos efforts à solutionner le problème ainsi que pour l'attention personnelle que vous apportez à ma lettre.
Veillez agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de mes sentiments les plus distingués.
P.S. Je ne suis pas folle comme les médecins ont bien voulu nous faire croire et il faut que cela cesse dès maintenant, je suis une femme, un être humain qui demeure énormément blessé dans son corps et dans l'âme.
Dites-moi Monsieur le Ministre, quel rôle a joué la F.D.A. dans cette merde ?
Pardonnez-moi ma franchise Monsieur le Ministre, mais des centaines de personnes jouent à l'autruche, on ferme les yeux sur un grave problème plus vrai et existant. Comment allez-vous faire pour guérir nos maux ? Pourquoi ne consultez-vous pas les vrais médecins et les chercheurs qui ne jouent pas l'autruche et qui veulent sincèrement trouver une réponse ? Pourquoi ne pas leur accorder votre aide ? Il n'en tient qu'à vous Monsieur le Ministre. Merci.
Je souffre, Granby
Granby, 21 août 1997
Ministère de la Santé
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À l'attention du Ministre Jean Rochon
Cher Monsieur le Ministre.
Suite à votre lettre du 20 mai dernier, veuillez trouver ci-inclus, deux documents pertinents à votre démarche concernant mon dossier. J'aimerais rencontrer dans les plus brefs délais, un spécialiste de votre choix afin que vous puissiez avoir l'heure juste sur mon état de santé.
Comment puis-je garder un bon moral quand je sais très bien que mes problèmes de santé soient attribuables à ces prothèses ainsi qu'à mon jugement aveugle et porté en toute confiance en 1981 ?
Je me confie à vous comme si vous étiez médecin mais en réalité cest que j'en ai ras le bol et que vous devez savoir ce que cela me fait vivre. Depuis 1978, j'ai eu des calculs rénaux à répétition. La procédure à suivre, on m'endormait, les enlevait, et tout rentrait dans l'ordre. Comme vous le verrez, tel ne fut pas le cas en 1994 quand une autre crise rénale est apparue. Les médecins et moi.
Cétait à n'y rien comprendre... Un autre rayon-x avant l'opération confirmait que la grosse masse avait disparue. Je sais aujourd'hui que ce que nous avons crû être un calcul, était en réalité une masse de silicone. Depuis le nombre de fois que j'avais ce problème je savais très bien que les calculs ne disparaissent pas comme ça. Veillez noter sur le rapport de l'Hôpital St-Luc, le point d'interrogation à ; (sans excérèse de calcul ) ?
Jamais de ma vie je n'ai eu de champignons ni d'infections de vessie, ni mal à mes yeux, ni de transpiration abondante comme si on me vidait un seau d'eau sur la tête, ni de douleurs dans tous les muscles de mon corps. Peut-être ne comprendrez-vous jamais mais cest bien ce que je vis depuis près de 2 ans quotidiennement. Vous savez autant que moi d'où le mal provient, ce qui cause tant de dégâts à la santé.
Je pleure parce que je suis frustrée face à l'incapacité de soulager, je pleure parce que je suis épuisée, je pleure par peur de problèmes encore beaucoup plus graves, je pleure pour tout le mal que cela cause à mon corps et mon âme.
Je n'ai plus rien à ajouter sauf qu'à moins de vivre cette situation, on ne peut comprendre toutes les personnes dont la santé ainsi que la vie ont été grandement perturbées par ces prothèses. Je peux aussi mieux comprendre les sentiments qui les habitent.
Merci Monsieur le Ministre pour l'attention ainsi que l'égard que vous me portez.
Je souffre, Granby